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l’auteur 
STACY DORIS
Une recherche
sur le réseau Internet francophone ne vous donnera rien.
Mais qui est donc Stacy Doris, petit trésor tombé
dans les mailles du filet toujours tendu d’Eric Vautrin ?
Un trésor venu de l’autre côté de l’Atlantique.
Un diamant à l’éclat diffracté. Certes,
Stacy Doris a déjà publié deux romans, tous
deux rédigés en français, langue qu’elle
affectionne et qu’elle maîtrise parfaitement. Mais c’est
son travail sur la poésie, qu’elle enseigne par ailleurs
à l’Université de San Francisco, qui est le
plus remarquable. La poésie, Stacy Doris l’appréhende
de façon théorique, comme universitaire et traductrice
d’anthologies, mais aussi de façon pratique dans un
style digne des plus grands, c’est à dire sans commune
mesure avec quiconque. Un style qui n’appartient qu’à
elle et qu’un regard hâtif et paresseux pourrait à
tort qualifier d’hermétique. Car plus que tout, l’Américaine
aime jouer avec les mots, leurs sonorités, l’ordre
selon lequel ils doivent conventionnellement être agencés
pour délivrer leur message. Convaincue que la poésie
est foncièrement révolutionnaire, Stacy Doris affirme
que la langue peut toujours être ré-inventée
et n’hésite pas à en proposer une architecture
différente. Chez elle, les formes se télescopent (prose,
vers, dialogues et chansons) dans un grand big-bang poétique
et humoristique qui donne naissance à ce qu’Olivier
Cadiot appelle volontiers des « objets verbaux non identifiés
». Des corps étrangers avec lesquels on ne demande
pourtant qu’à se familiariser, qu’à fricoter.
Des livres qui procurent un plaisir qui augmente au fur et à
mesure qu’on apprivoise cette nouvelle syntaxe. En grande
technicienne du langage, Stacy Doris nous plonge dans un univers
d’assonances et des anagrammes, où l’ordre affolé
révèle son inventivité. Une matière-texte
que l’on a tendance à lire à voix haute pour
en saisir toute la subtilité, un matériau que l’on
imagine donc sans mal travaillé pour le théâtre.
(Texte
: Laurence Perez, extrait de la présentation de Bonlieu-Scène
Nationale à l’occasion de la création de Comment
aimer par Eric Vautrin, janvier 2004)
- Œuvres
Conference (Bedford MA: Potes & Poets) 2001
(traduction française : Parlement, à paraître
chez POL, oct. 2005)
Une Année à New York avec Chester (Paris:
P.O.L) 2000. Sous le nom de plume Mme Wiener.
Paramour (San Francisco: Krupskaya) 2000.
La Vie de Chester Steven Wiener écrite par sa femme
(Paris: P.O.L) 1998. Publication anonyme.
Comment Aimer, tr. Anne Portugal et Caroline Dubois d'extraits
de Paramour, (Paris: Créaphis) 1998.
Kildare (NY: Roof) 1995.
Kildare, tr. Juliette Valery (Bordeaux: Format Américain)
1995.
Implements for Use (St. Denis: A. Slacik) 1995.
Mop Factory Incident (NY: Women's Studio) 1995.
- Anthologies
Dossier "Quelques-uns de mes contemporains: New American
Writers," Java,Paris, 2001.
Co-editor (with Chet Wiener), Christophe Tarkos: Ma Langue est
Poétique--Selected Work (New York: Roof) 2001.
Co-editor (with Norma Cole), Twenty-two New (to North America)
French Poets (Vancouver: Raddle Moon) 1997.
Co-editor (with Emmanuel Hocquard), Violence of the White Page,
Contemporary French Poetry in Translation (Santa Fe, NM: Pederal)
1992.
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