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projet Paramour .2
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PARAMOUR,
recueil de poésie amoureuse
Le recueil Paramour est lui-même tout entier un jeu de traduction.
Il est composé à partir de réécritures
(donc des traductions, comme dit SD) de formes poétiques
inspirées par l’amour, de Saint Jean de la Croix à
Don Giovanni, de Byron à Arnaut Daniel, d’Apulée
à Ovide ou aux Grands Rhétoriqueurs.
Cette sorte
d’anthologie, qui n’en est pas une, est prise dans une
structure en miroir qui organise le livre (« un livre comme
un miroir de poche ») : au centre, un calendrier de l’avent
pour St Valentin à venir, composée à partir
des poèmes du journal Libération publié les
14 février. Autour, deux fois 3 livres qui se répondent
: Le livre s’ouvre sur le « boy book », série
de poèmes-chansons « offertes » à Michaël
Jackson comme fleuron de la culture américaine (celui qui
peut ce qu’il veut ) ; à quoi répond le «
girl book » qui conclue le recueil, reprenant les prosodies
du boy book à l’usage cette fois des jeunes filles,
autant de « warning » sur ce qu’il ne faut pas
faire et ce qu’il faut faire pour ne pas coucher avec son
père.
Suit une adaptation libre de l’Art de la Guerre de Sun Tse
à l’usage de l’amoureux -« nouveau –
la Merveille », qui devient dans la deuxième partie
« Merveille – le Nouveau » ; et un « comment
aimer » adapté d’Ovide et d’Apulée,
qui devient « aimer, et comment ! »…
Si le jeu des « traductions » est à la fois une
tentative d’actualisation et une translation pour amener à
d’autres – d’autres personnes et d’autres
contextes – des textes, leur mise en perspective par la structure
en miroir vient dire le projet de l’auteur en même temps
que son impossibilité ; aussi bien, elle donne à entendre
les textes et poèmes, les éclairant sous un jour nouveau.Traductions
et structure permettent de faire dériver la notion d’auteur,
en l’impersonnalisant. À la lecture, on ne sait rien
de Stacy Doris, il n’y a pas de didactique ou de discussion.
L’auteur devient les mille voix qui habitent le texte, comme
les milles voix de Finnegans Wake ; la lecture est ainsi offerte
à ces milles voix, et on ne cesse de coder et de décoder
le texte, de le réentendre.
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