Que devient l'amour dans un pays où les pharmacies sont
des lieux plus aimables que les cafés, exposant les plus
belles femmes et pleines de paroles compatissantes ? La
poète américaine Stacy Doris parcoure l'histoire
de la poésie amoureuse, en adaptant et traduisant les prosodies
et les traditions poétiques ; sa poésie oppose
ainsi le temps joyeux et débridé de la fugue, à
l'interminable durée amorphe de notre présent moderne...
Michaël Jackson en leader de la croisade des enfants de 1212,
Ovide en spécialiste de la nanostructure régénérante,
Orphée en jogger admirable... plus tard, le premier amour
de Faust, l'indulgente Marguerite, surprise à l'heure d'internet
et de Guantanamo...
Façonné
en miroir, comme un bijou aux milles reflets, le spectacle est
en même temps 1) un démontage des formes de l'amour
occidental et 2) un catalogue des codes romantiques et amoureux...
Secoués de folles vagues qui passent d'un corps à
l'autre, libérant des décharges électriques
inédites qui pourraient aussi bien provenir du web, l'amour
et la poésie se retrouvent, aimablement mêlés,
par 3) un insatiable jeu sur les limites physiques et sociales
et 4) une conception du monde physique dans lequel les lieux et
les identités se déplacent avec une radicale absence
de logique...