PSP
(taverne)
texte Daniel Foucard
conception Eric Vautrin
musique Andrew Dymond
multimédia et lumières Nicolas Bats
action Raphaël Defour
création
mai 2005, festival MusiqueAction, CCAM Vandoeuvres-lez-Nancy
présentation en cours le 26 mars 2005 à Montévidéo-Marseille
Le projet Faustus imagine la réécriture du mythe de
Faust par des poètes contemporains, dans lequel Méphisto
proposerait pour toute jeunesse la maîtrise instinctive du
réel par le biais des technologies modernes. Le texte du
Prologue, la première étape, a été confié
à Manuel Joseph, et la musique au compositeur américain
Scott Gibbons ; elle a été créée en
novembre à Annecy. Le poète Daniel Foucard écrira
la seconde étape, Taverne, dont la musique sera composée
par Andrew Dymond.
Taverne : l’épisode de la taverne
n’est pas un épisode «fondamental» du mythe
de Faust ; C’est un interlude, une scène en mode démo
si l’on veut, où Méphisto, dans certaines versions,
vient montrer à Faust, pour la première fois, l’étendue
et les joies de ses pouvoirs. Les compères s’installent
dans une taverne ; Déjouant la scène christique, Méphisto
enivre une assemblée de buveurs en faisant jaillir du vin
de la table, et achève ainsi de tenter Faust. C’est
une scène de théâtre, opératique même,
où tout semble jeu, chants et gaîté ; tromperies
et roueries aussi, annonçant de petite manière la
suite du drame. C’est aussi la première fois dans le
récit que le thème de l’individu face à
la communauté est évoqué, mais presque retourné
par rapport à ce qui suivra ; ici, le plaisir vient-il du
chant et de l’ivresse ou du fait de berner quelques hommes
faibles ?
Ce jeu de la tentation est notre matière première
pour cette étape, ce que nous confions à Daniel Foucard.
Nous verrons où il nous emmènera, et nous arriverons
; que cela se passe dans une taverne ou non, que cela soit chanté
ou chuchoté à l’oreille importe peu. C’est
la présentation, encore nouvelle et rejouée, du jeu
des désirs et des tentations, des pouvoirs et des écoutes
qui nous retiendra, sans doute.
Aussi n’en sait-on, aujourd’hui, guère plus.
Si ce n’est que la musique effroyable, fascinante et lumineuse
d’Andrew Dymond, confrontée à la diction des
mots de Foucard par Raphaël Defour, l’ensemble médié
par les dispositifs en temps réel de Nicolas Bats, viendront
dire, peut-être, cette lutte d’une conscience individuelle
–forme de pensée et mais aussi bien matière
de l’égoïsme– face au bruit, puissant et
incertain, des ensembles et des foules; la technique, ici, sert
d'intermédiaire, tant outil qu'asservissement de la vie.
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