« Prologues » (titre provisoire) est la première
étape d’un projet imaginé pour 2006, pour
lequel le texte sera écrit par des poètes contemporains
(Manuel Joseph, Christophe Fiat, Anne Portugal, Christophe Hanna,
Daniel Foucard…), quand l’univers technologique sera
mis en place à partir des standards industriels modernes,
grâce à un partenariat avec Fimm, une entreprise
spécialisée dans les mises en réseaux de
toute sorte. Notre Techno-Méphisto, non sans ironie, pourra
faire ce qu’il prétend sur scène : connaître
et agir sur le corps, l’espace, le temps, grâce à
toute type de dispositifs technologiques qui font notre quotidien,
de la radiographie au web, du temps réel de captations
diverses au traitement de données par des serveurs distants…
Nouvelle jeunesse pour un Faust-anonyme épris d’humanisme
mais incapable de raisonner un présent aussi puissamment
complexe…
Espace de frictions entre la technologie et la parole staccato
des poètes d’aujourd’hui, le projet se veut
une réflexion sur la technique, par sa dramatisation à
travers le mythe ; et sur la capacité critique de l’homme
à penser son présent. Nous tentons ainsi, par le
drame, de rendre pensable - politiquement pensable, si ce n’est
conceptuellement - ce qui échappe à la pensée,
cet espace commun que les technologies dites du temps «
réel » nous offrent, cette béance de fictions
qu’elles génèrent, le présent ; à
travers les questions de l’amour, de la critique, du salut
et de la communauté, présentes dans le mythe faustien
depuis ses origines.
Pour ce prologue, le dispositif scénique interroge la représentation
du présent, en rassemblant sur scène différents
type d’évènements : variations de données,
enregistrement arbitraire d’événements en
un lieu donné ou flânerie libre en ville… comme
autant de strates du réel.