Scott
Gibbons
Scott Gibbons est connu en France avant tout par ses collaborations
avec la compagnie italienne Sociètas Raffaello Sanzio et
le metteur en scène Romeo Castellucci, notamment sur «
Il Combatimento », dans lequel ses captations de la voix
des acteurs se mêlaient aux madrigaux de Monteverdi, et
sur leur projet européen « Tragedia Endogonidia »
(2001-2004) ; ainsi que par sa superbe composition pour le spectacle
du Groupe F en 2003 à la Villette. S’il travaille
sur ordinateur, sa musique est pourtant faite à partir
de captations, et non de sons « synthétiques »
ou d’instruments traditionnels. Parmi ses dernières
œuvres personnelles, ses « Imagined Compositions for
Water » par exemple, présentées en 1997 à
l’ARS Electronica de Linz (Autriche) puis en 1999 au MOCA
de Chicago (éditées par Hushush en 2002), sont composées
uniquement à partir d’enregistrements d’eau
des grands lacs américains, cascades, flaques, courants
; elles faisaient suite à « Just a stone »
(Sub Rosa, 1992), compositions uniquement avec des pierres, et
Redwing (Sub Rosa, 1995), avec de l’air. Ses prises de sons
sont modifiées par des procédés analogiques
ou digitaux. Pour autant loin de la musique concrète d’un
Varèse – le son a perdu la référence
à ses sources lors de l’audition même si il
en garde les forces et les « tracés » - , sa
musique se révèle souvent attachante, parfois impressionnante
et toujours soutenue conceptuellement ; ses compositions, scéniques
comme musicales, sont depuis dix ans largement saluées
par la presse (cf. www.red-noise.com/about).
> La composition de Scott Gibbons révèlera
à la fois l’espace mental de Faust-enfant et les
progrès fantasmatiques de ses pensées, son imaginaire
conquête sur le réel. La musique intégrera,
au sein du dispositif en temps réel, différents
signaux reçus de l’extérieur, aussi bien de
capteurs physiques (cellule piezzo placée dans les urgences
de l’hôpital d’Annecy, images radar prises sur
l’autoroute, ambiance sonore du trajet du photographe) que
virtuels (variations d’une valeur du NasDaq (sous réserve),
…), qu’elle traduira et diffusera tout au long de
la présentation.
Manuel Joseph
Le texte sera commandé au poète Manuel Joseph. Manuel
Joseph est connu pour ses livres (« …heroes are heroes
are… », POL, 1995 ; ou « ça m’a
même pas fait mal », Al Dante, 2001, par exemple )
comme pour ses collaborations avec le photographe JL Moulène
ou le plasticien Thomas Hischhorn (Bataille Monument, Dokumenta11,
Kässel, 2001 ; autour du Musée Précaire, Labos
d’Aubervilliers, 2004 ; …) ou ses performances personnelles
(Partie Première, Casino de Paris, 2003 ; festival de Morlaix,
2004 ; …). Son écriture, souvent âpre et cruelle,
mêle ritournelles, ellipses et digressions sans systématisme
littéraire ; par une sorte de traitement clinique du langage,
il épuise sauvagement les récits (ce qu’il
appelle « le sujet » dont il cherche « l’abolition
») que pourtant il s’ingénie à mettre
en place.
> Le texte sera donc un prologue. Prologue aux Cieux, prologue
au théâtre, nous verrons ; une « enfance »
imaginée de Faust, celle du mythe et celle du projet même
de spectacle, un enfant aux prises avec le choix de la raison
contre celui de la maîtrise.
Didier Grappe
Photographe de théâtre (notamment pour le Théâtre
du Radeau) ne photographiant jamais la scène mais ses à-côtés,
ses bords, abords, débords et ses débordements,
compositeur d’images témoignant moins de l’événement
que du temps plein de l’instant traversé, Didier
Grappe enseigne la photographie en lycée professionnel
à lyon. Il expose depuis 1991 des images des lieux qu'il
investit dans ces lieux même (Maison du Livre/Villeurbanne,
1991; Université des Sciences Humaines/Strasbourg, 1994).
Depuis 1998, photographie dans, autour, aux bords du Théâtre
du Radeau/le campement (la Fonderie/Le Mans et Kampnagel/Hambourg,
1999). Accompagne depuis juin 2004 la compagnie Maguy Marin. Organise
un atelier de photographie à l'ENS Sciences de Lyon dont
l’issue a été présentée en juin
2004 à Ramdam puis à l’ENS-Lyon (expo «
l’esprit des villes »).
> Didier Grappe se promènera en ville durant la
performance. Ses images de son parcours seront projetées
en direct sur scène, donnant à la performance autant
un contexte, un rythme qu’une perturbation, la stridence
du réel dans le temps de la fiction. Il marquera l’écoulement
subjectif du temps, une traversée intime du présent.
Eric
Vautrin
Metteur en scène et universitaire né en 1976. Avec
Après Villenoise ? théâtre, il a monté
depuis 97 Cadiot, Novarina, Müller, TS Eliot comme de jeunes
dramaturges, Norbert Martin ou Sylvain Cavaillès. Ses récentes
créations sont l’occasion de collaborations avec
des poètes contemporains : Définitif bob, de Anne
Portugal, ou Comment aimer, de la poète américaine
Stacy Doris, dont il prépare la suite, Paramour, pour 2005.
En 2004 il mis en place « la poésie / nuit »,
un festival de performances et poésie contemporaine à
Lyon. Chargé de cours à Paris3 et Lyon2, il prépare
une thèse et publie en tant qu’étudiant-chercheur
au sein du Laboratoire de recherches sur les arts du spectacle
du CNRS, comme dans différentes revues.