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Bénédicte
Boisson est doctorante et chargée de cours à
Paris3. Elle a assistŽ aux rŽpŽtitions de "dŽfinitif bob"
du 28.02.03 et du 1.03.03. Elle livre ici son commentaire.
Odeur de bois et de peinture. La scène en chantier,
la salle aussi.
Pas encore de séparation, le travail, l'élaboration
envahissent tout. Le théâtre tout entier au service
de l'objet à construire.
Alors, assis dans le public, à regarder, on entre aussi
dans le travail. En retrait bien sûr, mais en travail.
" On reprend fin 6 début 7 et on enchaîne.
" Quelques scènes sont jouées, c'est très
bref, puis discussion. " Que vient-il de se passer ?
" " De quoi parlent-ils ? "
Impression d'être face à un objet en kit, à
de multiples pièces de mécano gisant sur le
sol et sans repère. Des repères, eux qui travaillent,
ils en ont. Chacune des pièces à utiliser a
un nom, celui inventé au fil des répétitions,
pour se comprendre plus vite, celui qui n'appartient qu'à
ceux qui font le spectacle. Noms que nous, public, on ne pourra
jamais soupçonner puisqu'ils disparaissent sous l'objet
fini, présenté. Noms que nous inventerons pour
parler de ce que nous avons vu, et qui ne désigneront
pas tout à fait les mêmes choses, les effets
plutôt que les moyens. L'objet change alors de dimension,
grandit, s'élargit, celui qui sera montré n'est
qu'une mince partie de celui présent à ce moment-là
des répétitions. Objet fait des histoires qu'ils
se racontent, de ce qu'ils aimeraient en faire, des noms donnés
à chacune des pièces utilisées, des contraintes
techniques, des questions concrètes
Alors ces
noms s'apprennent et au fil du temps, j'apprends à
reconnaître les morceaux du kit, à comprendre
ce que désignent les mots employés, à
entrer dans cette logique du faire. Prise au jeu, je me demande
sans cesse si et comment on pourrait faire différemment.
Au fur et à mesure, des morceaux de l'objet s'assemblent.
Morceaux presque achevés et qui n'ont déjà
plus la même consistance ni la même épaisseur
que ceux en construction. Des morceaux qui ressemblent à
ceux que le public verra, plus compacts, plus évidents,
sans cette hésitation qui laisse penser qu'ils pourraient
être autrement.
Ces morceaux-là sont lisses. Facettes qui apparaissent
et disparaissent sans que l'on ait le temps de les arrêter
ni de s'y fixer. De ces facettes que reste-t-il ? Une voix
comme un refrain (" Mais / Et Bob il peut comme ça
"), une voix qui résonne tout en paraissant difficile
à venir, des lumières, des sons et un Bob hagard,
étonné d'être là. Lumières,
sons, voix, corps, dissociés dans les souvenirs et
pourtant vus ensemble
Que reste-t-il ? Des bribes, des apparitions
Des images
? Non, peut-être simplement quelques morceaux du kit.
Bénédicte Boisson
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