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Bob
en tant que théâtre
note
d'intention
éric vautrin, juin 2002
" Le poème est
la trace active d'un processus par lequel le monde comme
chaos se propage en se métamorphosant. "
Jérôme Game
théâtre assumé
et radical pour acteurs volontaires
Bob n'est ni un personnage, ni une fiction, ni un symbole.
Il est pure densité, pur marquage ou pure énergie
au service du poème à faire ou se faisant.
Il n'a pas d'autre intention ni d'autre stratégie
que celles du poème. Bob est un alibi, une séquence
attachante qui permet le reste, la viande que l'on jette
aux chiens pour cambrioler la maison-théâtre.
Ainsi bob est exactement ce qui nous permettra d'échapper
à tout personnage ou à toutes ces prétentions
de représentation, ces " humanités
mièvres qui ne nous agréent plus "
(B.Charmatz). Bob, prête-nom commun d'un espion
au service d'un théâtre que l'on finira
par avoir fait.
Le théâtre de bob, théâtre
d'espion, se présentera comme un dispositif tout
entier paramètré, théâtre-kit
dont la glue sera le poème, - vendu ici, dans
le cas particulier de bob, avec une notice-espace sérielle
et programmatique. Le théâtre de bob, à
la suite de la poésie de AP, écartera
tout théâtral, tout effet de théâtre
à but représentatif ou spectaculaire,
ne représentant rien d'autre que lui-même
en train d'avoir lieu. définitif bob est le poème
des 24 tentatives de bob à faire de la poésie
(lart poétique de bob) testant à
chaque coup une nouvelle possibilité offerte
à la poésie pour faire apparaître
provisoirement les contours, non du réel, mais
de ce qu'il y a devant comme dit Prigent, c'est-à-dire
de la tentative poétique en elle-même.
Pour
paraphraser Pierre Alféri, devant le no man's
land d'une scène, on est jamais ici ou là.
Une scène ouvre sur un espace d'évanouissement,
chacun le sent.
Un
jeune homme plein de santé rentre dans un espace
- la scène - radicalement séparée
de la salle ; un second bob, silencieux, l'y attend.
La salle est cloisonnée et organisée -
la scène, un espace vide et vaste. La scène
apparaîtra non comme un extérieur montré,
décrit ou traduit, mais comme un trou habité,
ou une surface d'inscription de ses propres variations,
souffles et rythmes. Elle permettra le vol des mots,
vol à l'air libre ou à l'arraché,
vol de la bouche à l'oreille. Cette ouverture
ne se remplira que de couleur - rouge jaune vert bleu
prenant temporairement le dessus sur le noir. La scène
sera moins importante comme lieu d'exposition que comme
lieu d'isolation des travaux de bob. Il n'y aura ni
effet ni accessoire ni dialogue ni décorum, toutes
les circulations possibles seront rendues à la
langue, pas plus neuve que bob mais aussi agile, laissée
libre d'afficher d'elle-même ses contours dans
ses plus infimes modulations. Les mots de bob, ni exploratoires
ni intimistes ni fictionnels, formeront le fond de la
présence de bob. Le théâtre de bob
parlera comme il bougera. On assistera ainsi à
la création et à l'épuisement de
bob en tant que théâtre.

Eric
Vautrin, juin-sept. 2002
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