une
ritournelle (...)
une
proposition de théâtre de Après Villenoise?
présentation
du
18 au 29 novembre 2002
aux
Subsistances, Lyon
thȂtre du retournement Il ne s'agit
pas, pourtant, de dire ces thÈmatiques, ou de disserter sur
la folie, la poÈsie ou le langage, ni mÍme de les montrer.
Il s'agit pour nous, au contraire, des les Èprouver, de les
traverser et d'engager la lutte avec ces vents-l‡. Il ne s'agit
plus de rÈvÈler les causes d'actes ou d'images, ni de retrouver
des effets majeurs et communs : il ne s'agit plus d'expliquer
ou de dÈfaire des logiques. Mais bien plutÙt de faire avec
les prÈsences en jeu, retournement vers et par les prÈsences
en jeu ; transformer les guerres en combats de forces, prÈserver
l'obscuritÈ des inconnues qui poussent ‡ vivre et Ètablir
les diffÈrences, qui permettent la pensÈe. Ce thÈ‚tre n'est
ni du cÙtÈ du spectateur, ‡ vouloir l'Èduquer ou le satisfaire,
ni du cÙtÈ de ce que l'on appellera maladroitement beautÈ
ou lumiËres, mais exactement dans l'entre-deux, sur le lieu
de son prÈsent, ‡ exercer la mesure de la sÈparation des deux
mondes, permettant au premier de distinguer et au second de
survivre. Voil‡ pourquoi le titre " Ö (une ritournelle) ".
Dans le passe-temps, qu'on aurait pu appeler ailleurs l'ennui,
lorsque nous nous laissons-Ítre et que les dÈfinitions se
retirent, que nous rentrons non en nous mais au-monde, nous
laissons le monde prÈsent nous traverser ; non pas seulement
nous inspirer, mais encore nous ramener ‡ nous-mÍme dans un
seul mouvement. Nous voil‡ " retournÈs " , non pas seulement
retournÈs ‡ nous-mÍme, mais dans un mouvement qui s'accomplit
selon l'exigence du lieu oš nous sommes. La ritournelle serait
ce petit refrain que l'on fredonne de retour chez soi, non
chant de victoire mais Chant de la Terre. Ce thÈ‚tre-l‡, nous
ne l'avons pas trouvÈ dans les livres, mais en errant, de
thȂtres en thȂtres, de paroles en paroles, de rencontres
en rencontres, de rues en rues. Il n'est pas interprÈtation
; il se livre aux interprÈtations. Il est effet de ce qui
l'entoure, livrÈ au vent, caisse de rÈsonances ; mais aussi
lieu de la sÈparation, de retournement qui ouvre les Ècarts,
lieu vide oš se permettent les souffles et les retards, violences
et Èpuisements comme effets de la seule inconnue de l'homme,
son existence, et de ses nÈcessaires contradictions, ses connaissances,
sa pensÈe. Si nous avons voulu ici vous ouvrir un pan de nos
Ètablis (il aurait fallu pour bien faire parler encore de
la parodie, de l'imbrication des temps et des espaces, de
l'expÈrience contemporaine du devenir, des cycles et des rÈpÈtitions
et de St Augustin), ce n'est pas pour que les retrouviez dans
notre spectacle, mais au contraire pour que vous les oubliez,
le temps d'un passe-temps.